13Th April 2008 - bis

finalement, je suis allée courir.
J'ai plus marché que couru, j'ai un mal de crâne horrible, mais j'y suis allée.
c'est le geste qui compte.

# Posté le dimanche 13 avril 2008 03:07

15th april 2008

15th april 2008
J'aime bien prendre le tram quand je rentre ou vais à l'équitation.

La dernière fois, y'avait un clodo, il a pas lâché un mot sauf, je cite :
"aaahuhaaa aaaahuhé... hahaha"

conversation passionnante, ne trouvez-vous pas?

Ensuite, aujourd'hui, j'a pris un cours particulier parce que les deux prochains w-e sont pris :
le prochain c'est escalade dans les montagnes australiennes (j'ai un peu peur des insectes, mais bon tant pis me suis engagée, partons à l'aventure houhouhou)
le week-end d'après, je passe 3 jours à sydney avec mon amoureux.

Donc sauter deux cours d'équitation, ça va pas du tout, donc j'ai pris un cours particulier d'équitation.
En gros j'ai bossé ma position à mort, j'ai plus de cuisse, plus de cul, plus de mollet, plus de dos, rien.
J'ai bien travaillé, quoi.
Ma position est moisie, mais elle l'est moins maintenant!
Bref.

Donc je disais, aujourd'hui.
Au retour, je prends le tram tranquillou billou, et arrivée à elisabeth street, une des deux grosses rues du centre de Melbourne, le tram ferme ses portes, et je vois un mec qui commence à courir après le tram pour le choper au prochain arrêt.
Coup de bol pour lui, le tram est lent, du coup il court aussi vite que le tram.
C'était sans compter que ce même mec (brun cheveux longs lissés, fashion quoi) se prenne les pieds dans je sais pas quoi et s'étale par terre de tout son long.
Il s'est effectivement vautré comme une merde.
J'ai pas rigolé au début, parce que j'ai cru qu'il s'était méchamment pris un truc dans le nez.
Mais en fait non.
Et c'était donc bien tripant loufoque de voir M.Fashion se vautrer comme une grosse merde par terre.
En plus, en regardant sa gueule en le dépassant, il était même pas moche, donc un beau gosse qui se la pète qui se vautre, quel délice.
J'adore quand les mythes se cassent.
N'empêche, je pense qu'il a dû qd mm remercier le ciel, parce que merci le feu rouge, il a quand même eu le tram.
Ensuite, je change de tram pour rentrer chez moi.
Et Grognasse au téléphone qui se trouve en plein milieu de la voie, que le tram klaxonne mais que Grognasse ne grille rien.
Elle a faillit se faire défoncer la gueule, écrasée comme une merde, mais elle s'est écartée au dernier moment, avec grâce en plus.
Le conducteur l'a insultée copieusement de tous les noms (entre autre, de bitch), et c'était bien fait pour elle, parce que merde manquer de se faire écraser et quand même avoir la classe, moi ça m'énerve.
lol.
Elle irait bien avec le blond, tiens.
(en plus elle était rousse)

ps : faites-moi plaisir, cliquez ici. C'est pour elle.

# Posté le mardi 15 avril 2008 04:19

15th april 2008 bis

grand exploit :

Maintenant on me dit que j'ai un bon accent.
Maintenant on me dit que j'ai un très bon anglais.
Maintenant on croit que je suis ricaine.
J'm'en remets toujours pas.

*fière fière*

pour la peine, la chanson AMERICAINE qu'on entend genre toutes les 2 minutes en australie.
Le pire, c'est que je l'aimerai presque.
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# Posté le mardi 15 avril 2008 06:27

Modifié le mardi 15 avril 2008 06:38

16th april 2008

juste pour vous prévenir :

un de mes amis français ici, matthieu, vient de se suicider.
Je ne serai donc pas en état d'écrire quoique ce soit de décent et loufoque les prochains jours.

J'espère que vous ne m'en voudrez pas pour ça.

# Posté le mercredi 16 avril 2008 11:15

La mort, c'est un peu comme une connerie. Le mort, lui, il ne sait pas qu'il est mort. Ce sont les autres qui sont tristes. Le con, c'est pareil.

Aujourd'hui, je suis confrontée à la dure réalité de la vie.
OU plutôt de la mort.
Un de mes amis proches que j'ai rencontré ici en australie, Matthieu, s'est suicidé lundi.
J'ai appris ça hier soir.
J'évolue entre impossibilité d'y croire, incompréhension, culpabilité.
Comment ai-je pu être aussi aveugle.
Comment se fait-il que personne n'ait vu son désespoir, sa détresse.
Je ne peux pas croire qu'il est mort, je ne peux pas.
Il n'avait que 24 ans. Il ne peut pas être mort, il ne peut pas, il n'a pas le droit.
Une amie lui a parlé vendredi, il avait l'air fatigué, mais il a beaucoup de travail pour ses cours.
Donc elle a cru que c'était ça, et ne s'en est pas plus souciée.
Son dernier message a été mis sur facebook, lundi à 8h30 du matin :
"Matthieu is disappointed".
Je ne peux pas croire qu'il soit mort.
Je le revois encore rouler ses clopes dans la voiture pour sydney, boire son verre de whisky en rigolant avec salvador et dominik.
Sortir des blagues en anglais.
Appeler sa copine.
Fumer sa clope en regardant la mer.
courir sur la plage pour faire peur aux mouettes.
Se marrer en voyant Mario bourré.
aider Mario à conduire sur le chemin du retour.
Dormir sur mon coussin tour de cou spécial voyage.
Critiquer l'accent atroce de Dominik.
M'appeler pour savoir comment je sais qu'il est allé au musée avec Anna.
Gérer l'organisation du voyage pour sydney.
Rouler sur son vélo.
Se balader avec son énorme sac à dos de voyage sur le dos.
Et j'en passe.
Qu'est-ce qui a pu faire qu'il soit aussi désespéré?
Mon père m'a dit au téléphone que parfois, il n'y a pas de raison. Que simplement, tu le fais. Parce que tu es désespéré de la vie.
Que s'il avait des antécédents, dans la famille ou juste lui (ce que je ne sais pas), ce n'est pas forcément des plus surprenant.
Peut-être.
Mais moi je n'y crois pas.
Un suicide, ça ne se fait pas sur un coup de tête. C'est en général une action réfléchie, pensée. Il faut être tellement désespéré pour renoncer à la vie...
Je ne comprends pas pourquoi nous n'avons rien vus, quand nous étions avec lui tout ce temps.

Face au suicide, on est tous impuissant.
J'ai reçu des mails de ses amis, personne ne comprend, c'est l'incompréhension totale.
Comment peut-on être aussi désespéré pour vouloir mettre fin à ses jours comme cela...
Je ne sais toujours pas comment et pourquoi, et je n'en peux plus de ne pas savoir.
J'ai passé la nuit la plus horrible de ma vie.
Je ne faisais que penser à lui. Pourquoi, pourquoi, pourquoi.
On aurait dû voir, on aurait dû pouvoir le soutenir.
J'ai rêvé de la mort, qu'elle m'emportait moi aussi, et que je n'y pouvais rien. Et j'avais une peur atroce dans le ventre. J'ai rêvé de la tristesse des autres, de la douleur de son entourage, en plus de la mienne.
Je les ai vécues, à la place de chacun, successivement.J'ai rêvé de lui.
Et son colocataire qui l'a découvert... Ca doit être horrible de vivre dans la même maison qu'un mort. De l'avoir découvert. ces images doivent le hanter...
Déjà rien que l'image que je me fais de lui mort me hante.
Chaque minute, chaque seconde.
Je n'ai pas la force d'aller à sa maison. Certains me l'ont suggéré, pour parler à son colocataire...
Je ne peux pas. Je n'en ai pas la force. Je ne peux pas imaginer faire tout le trajet en tram jusqu'à sa maison, sentir l'odeur de sa maison, voir sa chambre...
Non, impossible.

Je suis perdue, je veux savoir. Et je ne pourrai même pas aller à son enterrement, vu qu'il se passera en France...
J'espère qu'ils organiseront quelque chose ici, en sa mémoire.
Je suis moins que rien, perdue au milieu de cette douleur, de cette tristesse, de cette incompréhension.

La vie est injuste.

# Posté le mercredi 16 avril 2008 21:18